Dans la série des idées solidement entrées dans notre crâne à coup de marteau, en voici une qui se transmet de père en fils et de mère en fille depuis… pas
si longtemps que ça, technologie oblige, mais avec une belle unanimité. Sauf que…
Il semblerait bien que le fait de coller son nez à l’écran du téléviseur ne présente en réalité pas le moindre danger pour nos bambins, ou du moins pas pour
leurs yeux (la question des radiations émises par les postes télés n’est quant à elle, pas encore tout à fait tranchée).
Après tout quand on y regarde de plus près (hum) ça semble assez logique. Il ne viendrait à l’idée d’aucun parent, par exemple, de placer l’écran de
l’ordinateur à 5 mètres de son regard et d’ailleurs aucun bureau ne le permettrait. Bien sûr certaines personnes préfèrent éviter d’avoir à faire des mouvements oculaires lorsqu’ils regardent un
écran, mais pas tous et il suffit d’observer comment les gens s’installent au cinéma pour s’en convaincre. Dans une salle pas trop pleine, lorsque chacun peut choisir sa place, on trouve des
spectateurs assis sur les côtés, en haut en bas.
En cause, également, la vision de près qui serait source de fatigue visuelle. Rien ne le prouve, et surtout pas chez l’enfant. De plus, l’enfant aime à
s’approcher de ce monde en mouvement, en couleur pour s’immerger dedans. Et d’ailleurs, nous autres, parents attentifs à la santé de nos bambins… aussi. En 30 ans, les salles de séjour de nos
appartements n’ont pas tellement grandi – et soit dit en passant, ce n’est pas les cours actuels de l’immobilier qui risquent d’inverser la tendance - alors que la taille de nos écrans de
télévision a doublé quand ce n’est pas triplé ou quadruplé. Et pour autant, ce raccourcissement significatif de la distance entre nos yeux et la télé n’a pas entraîné de troubles de la vue
généralisés.
La véritable fatigue visuelle viendra de la luminosité et des contrastes (regarder la télé dans le noir par exemple, ou avoir des reflets sur l’écran). Mais
dans tous les cas n’abîmera pas les yeux à proprement parler. Et d’ailleurs si une distance de confort optimum existait, elle prendrait en compte la taille de l’écran, ce qui n’est généralement
pas le cas, les parents préférant reproduire un schéma rassurant : la télé d’un côté de la pièce, le canapé de l’autre, et les gamins dessus !
Au final, ce qu’il y a de plus dangereux dans un poste de télé, c’est la profonde niaiserie de certains programmes devant lesquels nous abandonnons trop
souvent et trop longtemps nos bambins. Et si la nécessité de prendre de la distance avec la télé n’était finalement qu’une métaphore mal comprise ?